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TRIPTYQUE DE « LA GUERRE »(1929- 1932 ) Huile sur bois/ DRESDE
CE QUE NOUS VOYONS: Dimensions 2x (60x204) et (204x204)
Un triptyque : c'est une oeuvre peinte ( ou sculptée) en 3 parties. Les 2 latérales se rabattant sur le panneau central . C'est une forme adoptée plutôt aux XII° et XII° S, dans l'art religieux .
La prédelle: c'est le panneau central inférieur qui sert de support aux panneaux principaux .
Panneau de gauche : comme une bouche ouverte qui avale les soldats qui partent vers le front.
Ils tournent le dos au spectateur: ils sont anonymes . Il n'y a pas de décor .
Panneau central : c'est une vision d'horreur, avec un soldat recouvert d'un masque à gaz dans une tran-
chée effondrée . Il y a des cadavres, un squelette accroché à une branche. Des ruines forment le décor
Panneau de droite : c'est un autoportrait : il transporte un soldat blessé . C'est le seul qui fait face au spectateur et qui avance vers le premier plan ( il ne porte pas 1 uniforme complet de soldat) .
La prédelle : 4 soldats ( ou plus ) sont allongés .
LES ASPECTS PLASTIQUES :
L'utilisation d'un format habituellement réservé à des oeuvres religieuses donne à cette peinture un côté sacré, et quasi didactique .
Les couleurs : c'est une palette restreinte de nuances de rouge ( le sang), de brun ( la boue des tranchées ), de gris . Des nuages sombres, des sortes de feu, qui évoquent une ambiance de fin du monde ...
La lumière : elle semble guider les soldats qui vont au front, mais le ciel s'obscurcit . Elle semble être au delà des ruines du panneau central : après la guerre ... Dans le panneau de droite le salut ne peut venir que de l'entraide, de la solidarité, représentée par ce « sauveur » mis en pleine lumière .
Ce qui est suggéré :
Le squelette du centre désigne de son doigt la barbarie . Le cadavre tend une main pour demander une aide qui ne viendra pas . Quasiment invisible, un personnage, à gauche,unique survivant, assiste impuissant : il semble privé de toute humanité, pétrifié .
Les soldats figurant dans la prédelle se reposent-ils? Sont-il morts ?
C'est une oeuvre à rapprocher du triptyque d'Issenheim du peintre Matthias Grunewald (1512 -1515)
C'est une oeuvre engagée qui veut nous convaincre de l'horreur et de la bêtise de la guerre.